Dyslexie et Dysorthographie

La dyslexie / dysorthographie représente le trouble d'apprentissage principal chez les enfants du primaire et du secondaire. La dyslexie affecte l'apprentissage de la lecture, alors que la dysorthographie affecte l'apprentissage de l'écriture.

Contrairement à la croyance populaire, on n'identifie pas une dyslexie ou une dysorthographie simplement par l'inversion de lettres en miroir à l'écrit, ou par des confusions entre les lettres "b-d-p-q".

L'Association Internationale de Dyslexie définit la dyslexie comme "Un trouble d'apprentissage spécifique [ndr: donc qui n'affecte que la lecture], d'origine neurologique".

La Fédération mondiale de neurologie précise que la dyslexie survient : « (...) en dépit d'une intelligence normale, de l'absence de troubles sensoriels ou neurologiques, d'une instruction scolaire adéquate, et d'opportunités socioculturelles suffisantes". Cet organisme reconnaît aussi une cause neurologique / organique à la dyslexie.

Importance d'une bonne évaluation

Plusieurs types d'erreurs existent et surviennent pour rendre la lecture et l'écriture inefficaces et parfois absolument non fonctionnelles. Aussi les erreurs commises sont différentes chez un enfant de 8 ans par rapport à un adolescent de 15 ans. Une bonne évaluation en neuropsychologie permettra de statuer sur la présence ou l'absence d'une dyslexie et/ou d'une dysorthographie. De plus, l'analyse des erreurs lors de l'évaluation permettra de spécifier le type de dyslexie / dysorthographie, et permettra ensuite de guider la rééducation.

On reconnaît généralement 3 types de dyslexie

La dyslexie de surface

Difficulté à lire les mots de manière photographique, dans leur globalité, sans avoir à les segmenter en syllabes pendant la lecture. Difficulté à acquérir la lecture rapide des "mots-étiquette". L'enfant doit donc continuellement passer par la voie d'assemblage, syllabe par syllabe, ce qui rend la lecture très lente et saccadée, et ce qui provoque souvent des erreurs de décodage sur les mots irréguliers (par exemple, "soeur" est lu "so-eur", "femme" est lu "fè-me" et "tabac" est lu "ta-bak").

La dyslexie phonologique

Il s'agit d'une difficulté de décodage des mots lorsque l'enfant doit passer syllabe par syllabe. On dit alors qu'il y a des erreurs de correspondance graphème-phonème (ce qui est écrit n'est pas ce qui est lu). On peut donc voir des erreurs de substitution de lettres, d'inversion dans les séquences de lettres, etc. L'enfant tente souvent de passer par la voie d'adressage, donc la lecture globale ou photographique du mot. Il semble alors vouloir "deviner" le mot en se fiant sur quelques lettres plutôt que de le lire en entier.

La dyslexie mixte

Il s'agit d'une difficulté d'apprentissage de la lecture qui affecte à la fois la lecture globale et la lecture syllabique. Entre 60 et 75% des dyslexiques auraient une atteinte mixte.

la dyslexie visuo-attentionnelle

dyslexie visuo-attentionnelleUn quatrième type de dyslexie est discuté dans la littérature scientifique, soit la dyslexie visuo-attentionnelle. Les difficultés de lecture seraient alors causées par un mauvais balayage visuel des yeux sur la page. Ces enfants ont tendance à sauter les petits mots de transition (le, la, un, une, dans , des, sur, au, ...) parce que leur regard n'est attiré que par les mots plus longs et plus saillants. Ces enfants auraient aussi de la difficulté avec les sauts de ligne en lecture de texte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saviez-vous que...

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  • La dyslexie affecterait jusqu'à 10% des enfants et des adolescents (donc jusqu'à 1 sur 10). Elle affecterait davantage les garçons (environs 60% des dyslexiques sont des garçons). La cause serait fortement génétique.
  • Souvent, mais pas dans tous les cas, les enfants dyslexiques / dysorthographiques ont eu de la difficulté à apprendre à parler, à articuler correctement les mots, et à comprendre les consignes orales des adultes avant d'entrer à l'école.
  • Entre 4 et 6 ans, une difficulté à acquérir la "conscience phonologique" prédit quels sont les enfants à risque de développer une dyslexie / dysorthographie. La conscience phonologique inclut la reconnaissance de rimes, la capacité à inverser oralement les deux parties d'un mot (ex: "Radis" devient "Dira"), la capacité à enlever oralement le premier son entendu dans un mot (ex: "Cadeau" devient "adeau"), etc. Une évaluation en neuropsychologie permet d'évaluer la conscience phonologique.
  • Avec un diagnostic de dyslexie et/ou de dysorthographie, vous pouvez obtenir un montant pouvant aller jusqu'à 2000.00$ pour l'achat d'un ordinateur et de logiciels d'aide à la lecture et l'écriture. Ce montant provient du programme "Demande d'allocation pour des besoins particuliers", du gouvernement du Québec et doit être recommandé par un professionnel reconnu. Le neuropsychologue est maintenant reconnu à cet effet.
  • Avec un diagnostic de dyslexie et/ou de dysorthographie, un jeune du primaire, du secondaire, du cegep et même de l'université peut obtenir des accommodations en classe afin de favoriser sa réussite (ex: plus de temps pour faire les examens, utilisation d'un correcteur électronique même lors des examens, apport d'un preneur de notes de cours en classe, etc).
  • Les enfants dyslexiques ont souvent une force au niveau de leurs habiletés visuelles et spatiales. Ils sont bons en assemblage de pièces, ils sont observateurs des détails dans leur environnement, préfèrent apprendre à l'aide de matériel concret qu'ils peuvent voir, toucher et manipuler. Ils peuvent avoir un côté artistique ou sportif très développé.
  • L'aide aux devoirs ou les périodes de récupération scolaire n'améliorent pas (ou peu) l'apprentissage chez les dyslexiques. Ces enfants ont besoin d'une rééducation spécifique de la lecture et de l'écriture, par des professionnels tels que les orthopédagogues. Souvent une rééducation dans une interaction un à un est nécessaire.
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